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QUELQUES MOTS SUR LE KILIM et SON
HISTOIRE: |
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KILIM est un mot
d’origine turc dont la prononciation varie selon le dialecte et le pays
; comme «KELIM, GILIM, GILAM, GELIM» et contrairement au sens qui lui est donné
par beaucoup qui prétendent être des connaisseurs, commerçants, parfois même
des spécialistes voir des experts. Le mot KILIM ne désigne pas “ tapis
tissé ”, mais une méthode de tissage avec des techniques très variées
s’appliquant à plusieurs types d’objets de la vie courante des
nomades . Le mot kilim signifie aussi « natte ou boutonner ». Le mot kilim, fut
peut-être le premier mot inventé par l’homme pour nommer le mystérieux
objet d’art qu’il créa en apprenant à croiser les fibres végétales
et animales. Et ce même kilim continue de nous surprendre encore et toujours
de la même façon qu’il a surpris ses premiers inventeurs. Cette antique
modernité connue sous le nom de « Kilims d’Anatolie » est encore
susceptible de nous surprendre avec de nouvelles découvertes. Dans les années
50, on les avait datés du 4ème au 5ème siècle avant J.C. A la lumière de
nouvelles recherches scientifiques menées sur l’histoire du kilim, on
dit aujourd’hui que la datation remonte aux années 1500 avant J.C. en
Égypte ; 2600 avant J.C. en Amérique du Sud et 6500 av. J.C. en Anatolie
(Turquie). Mais les dernières découvertes au Turkménistan peuvent nous
ramener jusqu’aux années 14 000 av. J.C., autrement dit, à l’Âge
du bronze. Par conséquent, le kilim accompagna l’homme depuis toujours.
Tout en élargissant son champ de chasse en passant à la cueillette,
l’homme découvrit de nouveaux matériaux, aussi bien pour tisser que
pour colorer. Grâce à l’invention des nouvelles techniques et en
passant du tissage unicolore au multicolore, le tissage des nomades est
devenu un jeu de rivalité entre les tribus. Chacune de ces tribus se
différenciaient l’une de l’autre en créant des dessins et des
symboles simples à variation sans limite figurant leur propre clan. C’est
ainsi que ces dessins et symboles sur leurs kilims leurs permettaient
d’avoir une identité tant aussi bien individuelle que tribale. Les dernières
découvertes nous montrent que le kilim est né au sein des tribus Altaïques,
mais le tissage a connu son essor avec le grand exode de ces tribus vers
l’Anatolie. Le croisement pendant le voyage et la cohabitation avec
d’autres cultures et surtout pour celles qui s’étaient installées
en Anatolie, a conduit le kilim au fil des siècles à devenir un objet d’art
à couper le souffle. Le tissage des
nomades d’Anatolie a joué un rôle très important dans leur vie
quotidienne, et il leur a permis de préserver leur identité tribale,
culturelle et même familiale. Le côté pratique, usuel ou décoratif du tissage
poussait le nomade à inventer de nouvelles techniques permettant de produire
différentes sortes de kilims à des fins multiples : le kilim les protégeait
du froid glacial et des chaleurs caniculaires des hauts plateaux. Les nomades
profitaient des kilims pour couvrir les sols, les lits et les sièges ; les
kilims à dimensions variées leur servaient de sacs pour stocker et
transporter des affaires personnelles, des céréales et différents objets
– comme des sacs de selle, de sel et des coussins etc. À travers les kilims, on créait des chefs
d’œuvres pour enrichir les cadeaux de mariage et les dotes de
jeunes filles à tel point que le kilim est devenu, un moyen d’assurer
leur identité et l’avenir
financier. Le point le plus fort dans cette diversité de production
est que chaque kilim d’Anatolie a quelque chose à communiquer aux
autres. Les kilims étaient même
porteurs de messages: En effet la jeune fille qui n’avait pas
d’autre solution pour s’exprimer pouvait par l’intermédiaire
du kilim qu’elle avait tissé en utilisant les dessins, les couleurs et la forme des franges, faire passer de multiples messages, ils reflétaient ses
espérances ,si elle était amoureuse, fiancée ou célibataire , etc. elle
étendait astucieusement le tapis à l’extérieur à la fenêtre de sa
maison. Nous pouvons aussi trouver sur les kilims beaucoup de motifs alliés à
la fécondité, symbolisant la déesse mère, l’homme et la femme, la vie,
les mains sur les hanches et bien d’autres thèmes, grâce à la grande
variété des motifs animés par l’infinie variété des couleurs. Ils servent aussi à la transmission de la
mémoire collective. Technique
: Il
s’agit d’une composition
réalisée par différentes techniques de tissage simple contour, doubles
contours, contours espacés serrés, « cicim (djimdjim), zili , sumak
(soumak), etc. . La créativité des
tisserands d’Anatolie se différencie du reste du monde par une
variation de 12000 techniques de tissages répertoriées à ce jour. Voici
Quelques techniques de tissage représentant le travail sur deux fils de
couleur et plusieurs exemples des motifs et leurs éventuelles
significations:
Fig. 1 : Tissage simple
(base de toutes les tissage). Fig.2 : Double
entrelacement ; chaque chaîne d’une couleur est entrelacées avec
deux chaînes de la couleur
voisine. Fig.3 : Enroulement
diagonal ; l’enroulement diagonal s’emploi pour tisser des
désignes et des traits en biais. Fig.4 : Tissage
parallèle ; technique de tissage à multiples variations, utilise pour le
tissage de soumak. Fig.5 : Tissage à
chaîne entrelacées en dent de peigne ou l’horizon. Fig.6 : Technique de tissage à variations multiples utilise pour
le tissage de
cicim (djidjim) : Chaîne
brochée sur fond toilé flottant
alternativement sur les deux faces du tissage. Fig.7 : Tissage à fentes : Une chaîne de différent couleur
est utilisée pour chaque dessin. La séparation entre les couleurs produit une
fente de chaque côté du dessin. Fig.8 : Tissage composé ou espacé à chaîne supplémentaire.
- Anatolya, 9 Rue de |
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